Asie,  Japon

Road-trip au Japon #3: La vallée de Kamikōchi et les villages de Tsumago & Magome

Cela faisait une semaine que les sommets enneigés des Alpes japonaises nous narguaient au loin. Nous sommes allés les voir de plus près dans le parc naturel de Chubu Sangaku. 

La balade ne s’improvise pas car les plus hauts sommets dépassent les 3000 mètres d’altitude. L’accès à la vallée est réglementé et ouvert seulement l’été. Les voitures sont interdites et il faut nous garer en contre-bas puis prendre une navette d’une ponctualité incroyable. La plupart des visiteurs se contentent de se promener en aval de la vallée de Kamikōchi et de faire une photo sur le pont qui enjambe le torrent.

On ne croise plus grand monde ensuite sur les véritables sentiers de montagne. Nous sommes arrivés en fin de journée la veille pour profiter d’un jour complet de randonnée. Cela nous a donné l’occasion de passer une nuit dans un refuge de montagne: super propre et très confortable, le nôtre était même doté d’un onsen, ces bains de source d’eau chaude dont les Japonais raffolent. Evidemment la nuitée – même en dortoir – est hors de prix. Dîner servi à 17h30. La soirée est longue et on retourne prendre l’air.

Kamikochi
Kamikochi

Bien nous en a pris: des dizaines de singes sont sortis de la foret pour aller chercher à manger dans la rivière. On s’est observé mutuellement un bon moment.

On ne vous dira pas grand-chose de la randonnée au Mont Chogatake car nous avons eu une météo affreuse et rien vu des paysages dans la brume épaisse et humide. Au sommet, nous avons fait la pause déjeuner à l’abri d’un gros refuge gardé. L’itinéraire continuait sur une crête noyée dans les nuages et balayée par un vent violent.  Nous avons fait demi-tour. Trempés et frustrés, il faudra revenir.

Refuge japonais
Notre refuge

Magome et Tsumago

En quittant le parc naturel nous avons poussé plus au sud jusqu’à Magome et Tsumago. Au XVII e siècle, les deux villages se trouvaient sur la route de poste qui reliait Kyoto à Tokyo. Une nouvelle ligne de chemin de fer leur fit perdre leur prospérité. Il y a 50 ans ils ont été réhabilités en conservant leur cachet. Les câbles électriques ont été enterrés, ce qui n’est pas le cas dans le reste du Japon: le réseau aérien est plus facile à réparer après les tremblements de terre qui sont courants. La balade dans la rue principale des deux villages est plutôt agréable et l’afflux touristique supportable. Un joli chemin de 8 kilomètre en sous-bois relie les deux villages (Itinéraire).

Tsumago

On savait que les Japonais ne parlaient pas bien l’anglais mais on ignorait qu’ils étaient bavards! Mais ils ont eu beau insister nous n’avons jamais pu les comprendre… Le plus difficile a été de commander au restaurant sur une carte écrite en japonais et sans photo! Le reste du temps Google traduction nous donnait un coup de main même si cela n’a pas empêché quelques contresens épiques. Plutôt souriants, très polis et serviables, les Japonais nous ont fait une forte impression. On comprend qu’ils tombent de haut en visitant la France!

Le choc culturel est vraiment fort même lors d’échanges simples: on nous explique avec mille détails des choses qui nous paraissent évidentes ou intuitives tandis qu’on nous laisse dans le plus grand désarroi gérer notre Shabu Shabu, une sorte de fondue bourguignonne, dont nous ignorons le protocole de mise en œuvre.

Il n’a pas été facile de nous nourrir en dehors des restaurants qui ne sont certes pas très chers. Il y a bien des supérettes tous les 5 kilomètres mais on y trouve que des produits transformés sous vide. Vive le plastique. Ces boutiques, la même au coin d’un centre-ville ou perdues dans la campagne sont plus que des commerces:  des plats préparés y sont réchauffés, des toilettes mis à disposition ainsi que le Wifi: nous nous ne sommes pas les seuls à squatter leur parking!

Architecture japonaise
Architecture japonaise

On quitte la région des montagnes par la vallée de Chino. Les reliefs s’estompent et laissent place aux cultures agricoles et maraîchères. En route nous nous arrêtons à l’improviste dans un magasin de vente directe pour changer de nos sandwichs industriels. Plus loin on s’égare  sur de petites routes à la recherche d’une cascade. Finalement on s’offre une pause relaxation dans un Onsen paumé à ciel ouvert avant de continuer notre voyage vers Hakone.

  • L’accès à la vallée de Kamikōchi est possible l’été seulement (fermée de novembre à mai) et interdit aux véhicules particuliers. Laisser la voiture dans l’un des parkings le long de la route 158. Par exemple à 6 km en aval, à ce parking. 10 € (1200 ¥) / 24 heures.
  • Prendre la navette (Bus 4200) toutes 20 minutes (à 7, 27 et 47 de chaque heure en face du parking) Détails des horaires ici. 17€ / personne Aller/ Retour (2100 ¥) Attention dernière navette part de Kamikōchi assez tôt hors saison. Départ à 5, 25, 45 de chaque heure.
  • Plusieurs options de logements dans le parc, toutes très chères  (voir ici). Nous avons passé la nuit dans le refuge Tokusawa Lodge. 85 € / personne (10000 ¥), nuitée en dortoir non-mixte de 8 places, Onsen, dîner & petit déjeuner. Cosy et désert. Terrains de camping à disposition.
  • Maison d’hôtes de Minshuku Suhara. Le meilleur hébergement du séjour. Dans un petit village calme, une maison en bois de 160 ans et 190 m². Jusqu’à 15 personnes (mais nous étions seuls!). Cloisons en papier coulissantes, tatamis sur le sol, salle de bain et baignoire en bois et kimonos pour parfaire l’ambiance. Quelle expérience! Accueil efficace à coup de Google Translate. 80 € la nuitée (9600 ¥)
  • Balade le long de la rivière dans la vallée de Kamikōchi (6,5 km, 1h30, l’aller). Chemin large, plat et ombragé. Possibilité de traverser la rivière au pont Myojin pour revenir le long de l’autre berge. Facile mais peu intéressant . Itinéraire d’approche pour les sommets environnants. (Itinéraire)
  • Ascension du Mont Chogogata (+1000 m de dénivelé / 9 heures). Chemin qui grimpe fort, bien balisé. On ne profite de la vue qu’au sommet car le sentier est en sous-bois. Refuge au sommet pour se réchauffer ou manger un bout. Possibilité de poursuivre sur la crête en direction au Mont Jönen pour un autre itinéraire de descente. Pas fréquenté. (Itinéraire). 
  • D’autres randonnées faciles à consulter ici. Pas facile de trouver des infos en ligne pour des courses de montagne un peu engagées. Déclaration obligatoires (info ici) pour ascension de certains sommets (liste ici). On ne l’a pas fait pour notre rando…
  • Balade de Tsugome à Magone (8 km, + 400 m). Chemin charmant qui relie les deux villages en longeant le torrent. Bien balisé, super ambiance (Itinéaire). Moins de dénivelé dans l’autre sens. Bus assurant la liaison pour le retour.
  • Onsens de Ishiyasu. Paumé et découvert par hasard. Bonne expérience de sources (très) chaudes en extérieur. Nu et non-mixte. De 9h00 à  21h00. 4,30 € / personne (510 ¥). Info en jap ici. Adresse sur la carte ci-dessous.
  • Temple shintoiste de Suwa Taisha Shimosha Harumiya près de Chino. Bel ensemble de temples en bois. Nous avons assisté à la célébration du culte le dimanche matin. Japonais en tenue du dimanche et prêtre en robe et chapeau multicolore.
  • Jour 5: Rando à Kamikochi – Okuwa: 70 km
  • Jour 6: Okuwa – Tsumago – Magome – Chino: 340 km

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