Asie,  Vietnam

[Vietnam du Nord] Road trip dans la province de Ha Giang

La province de Ha Giang ( prononcer « Ha ziang » avec un cheveux sur la langue) abrite un somptueux massif montagneux frontalier avec la Chine. L’accès y est plutôt difficile mais les paysages sont époustouflants et les touristes peu nombreux.

Nous avons parcouru une boucle classique de 300 km en 4 jours en moto sur des routes vertigineuses qui serpentent entre des monts karstiques. On s’arrête beaucoup en route pour profiter de la vue et même si les routes sont en bon état, on n’y roule pas très vite.

Col de Quan Ban

Ces paysages se méritent et le mini bus de Sapa ( Lao Cai) à Ha Giang a été une véritable aventure:  6h de route avec un long tronçon sur une piste chaotique et des arrêts inopinés sur le trajet pour charger des passages ou du matériel sur le toit. Heureusement les paysages sont diversifiés: rizières, montagnes et villages reculés agrémentent le voyage. Nous avons eu la bonne idée de monter dès le départ du bus à Ha Giang ce qui nous a évité de nous retrouver à partager un strapontin avec un vietnamien pendant des heures.

Un permis est nécessaire pour accéder dans la province. Nous n’avons pas vu de contrôles mais les hôtels le réclament. Certains hôtels peuvent s’en occuper mais  nous avons préféré nous débrouiller en le récupérant directement au bureau officiel de Ha Giang tôt le matin.

Vue sur Tam Som

Nous avons loué notre bolide à Ha Giang chez Johnny. Johnny parle bien anglais et est recommandé par Lonely Planet, ce qui lui permet d’être particulièrement arrogant et probablement plus cher que la concurrence. Cependant le matériel a l’air bien entretenu, une carte nous a été fournie, et surtout des pantalons de pluie qui se sont avérés salutaires. Profitons en pour souligner, et même si cela nous fait mal au coeur, que Lonely Planet était mieux renseignés que le routard dans ces contrées reculées.

Pour le premier jour, nous avons du écourter notre itinéraire à cause la pluie. En arrivant sur Tam Son, ne manquez pas le point d’observation en haut des marches qui surplombe le village et les monts alentours.

Nous avons enfin eu du beau temps pour le second jour ce qui nous a permis de profiter des magnifiques balcons et des crêtes qui conduisent jusqu’au village de Yen Minh.

Balcon en arrivant sur Yen Minh

La ballade nous offre une plongée dans la vie rurale du nord du pays. On croise des buffles et des chèvres sur les bords de route, mais c’est surtout la culture du riz qui occupent les paysans des villages pauvres. Le décalage entre l’omniprésence des téléphones portables d’une part et le labour effectué par des buffles d’autre part est très étonnant. Les enfants sont toujours présents et ne cessent de nous solliciter par de joyeux « Hello » ou « bye bye ».

En direction de Dong Van

Par rapport aux grandes villes, la conduite n’est pas dangereuse car les routes sont bonnes et il y a peu de circulation. Quelques bus desservent les villages mais on les entend arriver de loin avec leur klaxon bruyant. On double quelques gros camions qui peinent dans les montées. On partage surtout la route avec d’autres petites motos, le plus souvent lourdement chargées: canne à sucre, outils, poules accrochées au guidon et même plusieurs cochons harnachés sur le porte bagage! Le plus dangereux restent les touristes chinois qui font la course avec d’énormes 4 x 4.

Paysans au travail entre Dong Van et Meo Vac

C’est en arrivant sur Dong Van que les montagnes sont les plus impressionnantes. Nous y découvrons enfin les fameux « pains de sucre »: ce sont d’étonnants pics rocheux recouverts d’une végétation luxuriante. Ils forment une grande partie d’un parc géologique classé au patrimoine  mondial de l’Unesco. Ils projètent une atmosphère assez inquiétante lorsqu’ils sont noyés dans la brume et évoquent des paysages préhistoriques.

Les monts karstiques dans la brume

Nous avons renoncé à visiter Lung Cu à la frontière chinoise à cause du mauvais temps. De même nous n’avons pas pris la peine de visiter le pseudo château des Hmong dont les photos ne nous avaient pas fait rêver.

De Dong Van à Meo Vac, le paysage est probablement encore très impressionnant mais la brume nous a empêché d’en profiter. Il ne fait pas chaud et les aérations zippées  sous les bras de la veste Gore Tex du pilote permettent au passager(ère) d’y glisser ses mains pour les maintenir au chaud.  Dans tous ces villages on trouve des hôtels sans problème et comme dans tout le Vietnam il y a pléthore de gargotes où l’on trouve à manger.

Sur le tronçon retour de Meo Vac à Yen Minh, le paysage s’adoucit et laisse place aux plantations de bananiers et aux grandes rizières inondées. Le riz est en train d’être repiqué et les rizières se colorent.

Repiquage du riz

On referme la boucle avec une dernière halte à Yen Minh où les couinements des porcs qu’on étranglent sur le marché nous ont réveillés. Le dimanche matin la ville est en effervescence et les femmes de diverses ethnies viennent vendre leurs produits. Nous nous sommes laissés tenter par des gâteaux de riz gluants enveloppés dans des feuilles de bananier mais ce ne fut pas une grande réussite…

Marché dominical de Yen Minh

De retour à Ha Giang nous avons fait une halte au café Bong, un des rares établissements qui accueillent les touristes occidentaux et proposent des conseils touristiques en anglais. Nous avons abusé du café au lait au Vietnam: Il est préparé fort, infusé par versement dans chaque tasse et mélangé avec du lait concentré.

Nous sommes rentrés à Hanoï en bus de nuit. Echaudés par les commentaires alarmistes de TripAdvisor et rassurés par les expériences positives de baroudeurs croisés en route, nous ne savions pas à quoi nous attendre. Il a fallu nous battre pour obtenir les banquettes inférieures mais le bus est confortable, ponctuel et nous avons passé une nuit pas si mauvaise.

La province de Ha Giang, à l’extrême nord du Vietnam, n’est pas des plus accessibles et c’est précisément pour cette raison que nous voulions y aller.

Nous avions vu sur plusieurs blog des français faire le tour de cette région en gros 4×4 accompagné d’un guide mais nous rêvions d’une immersion plus authentique. Certains le faisaient en moto, il était donc possible d’en louer sur place et de se promener en toute autonomie.

  • Bus Lao Cai – Ha Giang :

Pour se rendre à Ha Giang, il faut d’abord aller jusque Lao Cai. Depuis Hanoï, train de nuit (vous pouvez retrouver les informations dans cet articleDepuis Sapa, prendre un bus jusque Lao Cai.

Une fois à Lao Cai, des bus pour Ha Giang partent de la gare routière à l’extérieure de la ville. Attention, il y a deux gares routières à Lao Cai, une en centre ville et une autre à l’extérieure de la ville.

Le trajet se fait dans un mini bus bondé avec la radio à fond pendant 6 h, avec des arrêts en bord de route pour décharger ou prendre de la marchandise ou des passagers. Une pause pipi et ravitaillement de quelques minutes vous sera offerte à mi chemin. Immersion garantie ! On passe par des petits villages et des routes non bitumées.

  • Sapa -> Lao Cai:  Bus fréquent, départ place principale, 30 K VND / Personne, 1h30
  • Lao Cai -> Ha Giang: Départ 6h et 12h30 de la gare extérieure, passe ensuite devant la gare de Lao Cai, 270 K VND / Personne, 6h, arrive dans la gare extérieur de Ha Giang ( 3 km du centre mais ca se fait à pied)

NB : Il y a également des bus Hanoï – Ha Giang.

  • Location de moto :

Quelques loueurs à Ha Giang, nous avons choisis celui au nom le plus occidental : Johnny ! Un peu rustre et impoli mais il parle très bien anglais et on avait lu de bonnes critiques.

Les prix sont certainement plus élevés qu’ailleurs (du fait de sa popularité) mais il avait l’air de bien connaitre la région et son métier. De plus il fournit casques et cartes. En prévision de la pluie, il nous a même prêté des pantalons qui nous ont été très utiles.

Johnny Nam Tram, 183 Nguyễn Trãi, tp. Hà Giang (info@rockyplateau.com ne marche plus), en face du Café Love. 200 K VND/ Jour/ moto automatique avec casques, carte et pantalon de pluie

  • Permis :

Avant de vous engagez sur les routes, il vous faut un permis délivré par les autorités locales. Sans ce permis, vous ne pouvez circuler dans la région. Toutefois, nous n’avons pas été contrôlé ni même rencontré aucun policier ou militaire.

Le permis s’achète dans l’office des permis qui ouvre à 8h. Il vous faudra juste votre passeport.

En haut de la rue Tran Phun à Ha Giang, 210 K VND / pers.

  • Café / conseils en anglais à Ha Giang:

Si vous souhaitez avec des conseils sur la région. N’hésitez pas à vous rendre au Café Bong  n°63-65 Minh Khai street, Minh Khai district, Ha Giang, +84 915121987.

  • Itinéraire:

Les routes sont bien indiquées par des panneaux et par des bornes tous les kilomètres. Station essences dans chaque bourgade.

  • Jour 1: Ha Giang -> Tam Son (50 km)
  • Jour 2: Tam Son -> Dong Van (93 km)
  • Jour 3: Dong Van – Meo Vac – Yen Minh (55 km)
  • Jour 4: Yen Minh -> Ha Giang (90 km)
  • Hôtels:

Les hôtels ne sont pas référencés sur Internet.Nous avions réserver à Hoang Ngoc Hotel à Dong Van par Email (hoangngochotel2@gmail.com) mais il y a énormément d’offres une fois sur place. Mais pas de panique, il n’y a que peu de touristes et il y a énormément d’offres une fois sur place. Les prix sont très raisonnable. Entre 200 et 300 VND/ nuit pour les petits bouibouis qui nous ont le mieux reçu.

  • Bus Ha Giang – Hanoï :

Pour rejoindre Hanoï, même combat : le bus !

Nous avons opté pour le sleeping bus, très populaire au Vietnam du fais des longues distances et des lignes ferroviaires très lentes et peu développées.  Une expérience à vivre !

Nous avions entendu de nombreuses histoires sur les sleeping bus qui nous avaient un peu refroidie : chauffeurs dangereux, musique à fond toute la nuit, mal des transports, secousses… Mais finalement nous avons très bien vécus notre voyage.

A notre grande surprise les bus sont très bien conçus. Ce sont de vraies couchettes avec petite couverture et bouteille d’eau. On doit enlever ces chaussures avant d’entrer dans le bus. Les couchettes sont sur deux niveaux, préférés le niveau du bas (moins de secousses).

Les places sont a réservées à l’achat du billet, demandé donc bien (autant que possible) des couchettes en bas. Nous avons du nous battre pour nous faire comprendre et ensuite nous rebattre dans le bus pour faire comprendre au placeur que nous avions réservés des couchettes en bas.

Ha Giang -> Hanoï (My Dinh): départ de la gare extérieure de Ha Giang à 20h50, 200 K VND, arrive à la gare de My Dinh (l’une des gares routières à l’extérieure d’Hanoï) vers 5h

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *